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27 %. C'est tout ce que l'Europe a atteint de son objectif sur les communautés d'énergie

Publié le 8 septembre 2026 — Blog RaYSun

La Cour des comptes européenne a publié le 11 février 2026 son rapport spécial 10/2026 sur les communautés énergétiques. Le sous-titre est déjà un aveu : « Un potentiel qui reste à exploiter ».

Le chiffre qui résume tout : l'UE s'était engagée, dans sa stratégie pour l'énergie solaire de 2022, à ce que chaque commune de plus de 10 000 habitants dispose d'au moins une communauté d'énergie renouvelable d'ici fin 2025. Début 2025, elle en était à 27,3 %. La Cour conclut que l'objectif n'a très probablement pas été atteint.

Et la Belgique ? 11,9 % des communes de plus de 10 000 habitants. Loin derrière les Pays-Bas (81 %), le Danemark (86,2 %) ou l'Allemagne (63 %). Neuf communes belges sur dix n'ont toujours aucune communauté d'énergie sur leur territoire.

Part des communes de plus de 10 000 habitants disposant d'une communauté d'énergie renouvelable, par État membre : Danemark 86,2 %, Pays-Bas 81 %, Allemagne 63 %, Belgique 11,9 %, moyenne UE 27,3 % sans l'Autriche

Source : Cour des comptes européenne, rapport spécial 10/2026, figure 7.

Ce qui nous intéresse ici, ce n'est pas le classement. C'est la liste des raisons. On les croise toutes les semaines sur le terrain, et notre modèle a été construit autour d'elles.

D'abord, une note de bas de page qui vaut le détour

Sous le graphique du classement, un astérisque. La moyenne européenne de 27,3 % est calculée « sans l'Autriche », parce que la base de données TANDEM utilisée par les auditeurs ne contenait aucune donnée de localisation pour les communautés énergétiques autrichiennes. Sans géolocalisation, impossible de rattacher une communauté à sa commune, donc impossible de calculer un taux de couverture. L'Autriche a simplement été retirée du calcul.

Or l'Autriche est probablement le pays le plus avancé d'Europe sur le sujet. Le rapport de monitoring EAG publié par le régulateur autrichien E-Control en 2025 recense 3 868 communautés d'énergie renouvelable à la mi-2025, contre 364 deux ans plus tôt. Pour un pays d'environ 2 100 communes. La Basse-Autriche à elle seule en compte 958.

Ce qui a déclenché ça, c'est l'Erneuerbare-Ausbau-Gesetz de 2021 : un cadre juridique clair dès le départ, et surtout une réduction des tarifs réseau sur l'énergie partagée localement. Le cadre continue d'ailleurs d'évoluer, avec le nouvel Elektrizitätswirtschaftsgesetz entré en vigueur fin décembre 2025, dont les dispositions sur les communautés énergétiques s'appliquent à partir du 1er octobre 2026.

Donc : le pays qui a la plus forte densité de communautés d'énergie de l'Union est exactement celui que la Cour n'a pas pu mesurer, faute de registre exploitable. C'est l'illustration parfaite de sa recommandation n° 3, qui demande à la Commission de publier de meilleures orientations sur l'enregistrement et le suivi des communautés. Et ça relativise le 27 % dans les deux sens : la moyenne exclut le meilleur élève, mais le meilleur élève est invisible dans les statistiques européennes.

Ce que la Cour identifie comme blocages

Quatre choses reviennent, et elles se tiennent.

Personne ne comprend les définitions. Deux définitions européennes qui se recoupent partiellement, communauté d'énergie renouvelable d'un côté, communauté énergétique citoyenne de l'autre. Deux des quatre États membres audités utilisent des concepts nationaux qui ne correspondent pas au cadre européen. Et dans les groupes de réflexion organisés par la Cour, la moitié des participants jugent les définitions de leur propre pays insuffisamment claires. En Pologne, c'est 100 %.

Il faut un expert pour s'y retrouver. Les orientations existent, mais en Pologne, en Italie et en Roumanie elles sont fragmentées ou difficiles à utiliser sans aide extérieure. Le cas italien est le plus parlant : les communautés interrogées trouvent la documentation détaillée et bien structurée, et disent quand même devoir passer par des professionnels pour l'interpréter correctement.

Il faut créer une structure juridique de plus. L'encadré 2 du rapport, sur les immeubles à appartements, est éclairant. Une association de copropriétaires ne peut pas être enregistrée telle quelle comme communauté d'énergie, parce que l'adhésion à une copropriété est obligatoire alors que celle à une communauté doit rester volontaire et ouverte. Il faut donc monter une entité juridique distincte, à côté de celle qui gère déjà l'immeuble. La Cour écrit noir sur blanc que cette obligation constitue un obstacle, et demande à la Commission de clarifier les options d'ici fin décembre 2026.

Le raccordement traîne. Les communautés interrogées annoncent 21 mois d'attente en moyenne pour un raccordement au réseau. Aux Pays-Bas, la moyenne monte à 36 mois et un cas relevé atteint 132 mois. En 2024, plus de 4 GW de capacité renouvelable y attendaient un raccordement, de quoi alimenter trois millions de personnes.

Additionnez : un cadre flou, un expert à payer, une asbl ou une coopérative à créer, deux ans d'attente avant de produire. Voilà le vrai coût d'entrée. Et voilà pourquoi on en est à 27 % (sans Autriche).

Ce qu'on fait chez RaYSun

On ne demande à personne de créer une communauté. Elles existent déjà.

CityWatt à Bruxelles, WalloWatt en Wallonie, SamenWatt en Flandre. Ce sont des structures opérationnelles, avec des producteurs sous contrat et de l'énergie disponible aujourd'hui. Rejoindre l'une d'elles, c'est signer, pas fonder.

Concrètement, pour un consommateur :

Et si vous produisez, ce qui est le cas de beaucoup d'entreprises qui ont mis des panneaux sur leur toit sans savoir quoi faire du surplus :

Le rapport de la Cour traite surtout les communautés comme des porteuses de nouveaux projets de production, avec les délais de raccordement que ça implique. C'est une lecture. L'autre, c'est qu'il y a déjà, sur les toits belges, des mégawatts installés dont le surplus part au tarif d'injection faute d'un preneur local. Ceux-là n'ont besoin d'aucune autorisation, d'aucun chantier et d'aucune file d'attente. Juste de quelqu'un en face. Une rencontre.

C'est aussi pour ça qu'on cherche autant de producteurs que de consommateurs : plus il y a des uns, mieux c'est pour les autres.

Sur l'amortissement, la Cour rappelle que la stratégie européenne pour l'énergie solaire vise des délais inférieurs à dix ans, et constate que les projets néerlandais analysés s'échelonnent entre six et douze ans selon les années. Dans notre modèle, la question ne se pose pas dans ces termes. Le consommateur n'investit rien, donc il n'a rien à amortir. Le producteur, lui, a déjà investi : la communauté raccourcit son amortissement. C'est du win-win-win.

Le point du rapport dont personne ne parle, et qui est le plus important

Au point 74, la Cour écrit une chose que peu de gens relèvent. Pour que les communautés soulagent réellement le réseau, l'énergie produite doit être consommée localement en temps réel, à la seconde. Et elle ajoute que ce n'est habituellement pas le cas, parce que le solaire produit à midi alors que la consommation culmine tôt le matin et en début de soirée.

C'est exactement le problème qu'on passe nos journées à résoudre.

On ne se contente pas de mettre des producteurs et des consommateurs dans la même case. On simule, sur le profil de consommation réel de chaque candidat, le volume qu'on peut effectivement lui attribuer. C'est pour ça qu'on cherche en priorité des entités (publiques, privées, mixtes) qui consomment en journée ou le week-end, plutôt que la nuit. Un bon membre de communauté, ce n'est pas seulement un gros consommateur ou une grosse production : c'est un consommateur dont la courbe ressemble à celle de la production.

Même logique sur la flexibilité et le stockage, qui font l'objet de la recommandation n° 6 du rapport. Les gestionnaires de réseau néerlandais et polonais ont dit aux auditeurs qu'ils raccorderaient plus vite les projets renouvelables assortis de pilotage de la demande, de report de charge ou de stockage, parce que ça réduit la congestion. Une communauté bien construite, c'est une batterie virtuelle : ce qui est produit ici est consommé ici.

Là où on refuse de faire semblant

Le rapport contient une critique qu'on prend au sérieux. La Cour, comme le Comité économique et social européen, alerte sur le risque de voir des entreprises ou des communes monter des communautés dans le seul but de capter des avantages, sans participation locale réelle. Le chiffre polonais est brutal : sur un échantillon aléatoire de vingt coopératives, deux seulement comptaient des citoyens parmi leurs membres, et les coopératives recensées comptent en moyenne trois ou quatre membres chacune.

Notre cœur de métier est le B2B, et on l'assume. Mais une communauté qui ne fait circuler de la valeur qu'entre des acteurs institutionnels rate son objet. C'est pour ça que le partage doit être accompagné d'une mission claire, d'éducation, de sensibilisation et de plaidoyer pour une transition juste. Chez RaYSun, nous faisons cette part en organisant ou en participant à des discussions autour de ces enjeux, où tout le monde est bienvenu et a son espace. Rien que dans les prochaines semaines :

Un mot enfin sur un débat que le rapport ouvre et qui, en Belgique, est déjà tranché. La Cour s'inquiète qu'à mesure que l'autoconsommation et le partage se développent, une part croissante des coûts de réseau soit supportée par les consommateurs qui n'y ont pas accès, généralement les ménages les moins aisés, et note qu'aucun des quatre pays audités n'a formellement évalué cet effet. En Belgique, et sauf à Bruxelles, les coûts réseau et les taxes sont régulés et s'appliquent à tout le monde, communautés d'énergie comprises. Notre économie ne vient donc pas d'une exonération. Elle vient de l'écart entre ce qu'un producteur touche pour son injection et ce qu'un consommateur paie pour la même électricité, un écart qu'on resserre au bénéfice des deux.

Pour finir

La Cour recommande à la Commission de clarifier les règles d'ici fin 2026 et de définir enfin des objectifs mesurables d'ici fin 2027. Très bien. Mais un consommateur belge n'a pas à attendre 2027 pour payer son électricité moins cher.

Venez faire grandir ces chiffres :

Au total, chez RaYSun, c'est 60 GWh échangés par an et 102 communes couvertes dans les trois Régions. La mécanique fonctionne déjà.

Si votre association, votre groupement de citoyen.ne.s, votre entreprise ou votre commune consomme plus de 50 MWh par an, et surtout en journée, une simulation sur votre profil réel prend quelques minutes.

Et si vous avez des panneaux dont le surplus part aujourd'hui au tarif d'injection, dites-le-nous. C'est exactement ce qu'on cherche à placer.

Sources

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